
Zéro tués
Régis de Sá Moreira
Loin du fracas de la rentrée
parisienne,
Régis de Sá Moreira, avec son second roman
Zéro tués, s'impose par sa simplicité
d'écriture, une écriture semblable à
son auteur, toute de timidité charmante.
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"Putain Joseph, dit-elle, t'es marrant? Qu'est-ce
que je vais faire maintenant ?" Il faut un long moment
à Clara avant d'exprimer enfin son reproche. Rentrant
chez elle un soir, elle a retrouvé son homme pendu,
nu, au milieu du salon, dans une ambiance de musique hawaïenne.
Elle qui croyait qu'il voulait lui faire une surprise ! Mais
ça, c'est seulement quelques années plus tard.
A la fin de l'histoire.
Avant cela, il a eu la fuite de Clara. Parce que le problème
de Joseph,
c'est qu'il est trop con, intelligent, mais con. Alors elle
est partie. Partie
en Espagne, ou peut-être pas. En tout cas elle n'est
plus là. Joseph se morfond, se complaît dans
sa dépression parce qu'"on ne peut pas souffrir
à ce point sans qu'il y ait cette sorte de compensation".
Que fait-il pour survivre ? Il tente de devenir Clara, en
mangeant ce qu'elle aime par exemple, à l'encontre
de ses propres goûts. Un vrai roman d'amour ! Pourquoi
pas ? Mais avant tout un roman sur l'absence et le vide, ce
vide que l'on ne comble pas, ou en devenant l'autre parce
qu'on n'existe plus à soi. Joseph souhaiterait "ne
plus s'appeler du tout" depuis que Clara est partie.
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