|
Le groupe est à la fois mythique et peu connu du grand
public. Et pour cause : Tool, les princes du metal underground,
ne font jamais dans la demi-mesure. Après une pause
de cinq années, les Américains sont de retour
avec 10 000 days. Nouvelle œuvre majeure à inscrire
à leur actif.
Dès l’ouverture de l’album, nous en sommes
convaincus, la claque va être énorme. Vicarious,
premier titre de 10000 days démontre que les quadragénaires
n’ont finalement pas pris une ride. Puissant et venimeux,
le riff d’Adam Jones viens vous prendre aux tripes et
vous embarque pour un aller simple dans le monde vrillé
et sans conformité de Tool. Et vous voilà partis
pour près d’une heure vingt de folie maîtrisée,
à mi-chemin entre metal, lyrisme et rock progressif.
Car le monde de Tool, c’est ça, un paradoxe permanent,
une lutte à mort entre un chant vulnérable et
des rythmiques éprouvantes, une angoisse latente confrontée
à l’ironie la plus pure. Une dualité qui
donne à chaque album du groupe une originalité,
retrouvée nulle part ailleurs.
Loin des tracks formatées pour les college radios américaines,
Tool reste un des derniers groupes à ne pas faire de
concession tout en gardant une aura internationale. Ce sixième
album respecte en tout point la philosophie du quartet : un
son brut et violent (The pot) dévoilant les capacités
étonnantes de chaque musicien. L’opus réserve
aussi son lot de bravoure avec des morceaux comme Rosetta
stoned et 10 000 days (plus de onze minutes chacun au compteur).
Vous l’aurez compris, le nouveau Tool est un objet rare,
peut-être un peu difficile d’accès, mais
tellement plus jouissif que la soupe aseptisés punk/metal
servie par MTV. Une authentique expérience sonore.
par David Maigrot
10 000 days - Tool (Sony/BMG)
|