| Tyson est un chihuahua. Sauf qu’avant
son accident, il s’appelait Barnabé et infiltrait,
avec un œil sociologique, une tribu d’adulescents,
ces jeunes adultes qui refusent de grandir. Mais la réincarnation
a ses mystères, et Barnabé est donc désormais
Tyson, chouchou d’Audrey, affublé d’un
nœud rose et de vernis "gloss diamant" et bientôt
privé d’autres attributs qui lui étaient
autrement plus précieux !
D’une confession testament, le récit du chihuahua
dépressif prend rapidement une tournure d’observation
éthologique, sur ces bêtes étranges, mi-hommes/mi-bébés,
qui se gavent de fraises tagada en regardant Friends à
la télé, et que toute idée de travail
cloue sous la couette pendant deux jours. Le tableau est réjouissant
mais pourrait s’enliser dans les travers
qu’il dénonce si ne le pimentait une deuxième
partie qui délaisse Friends pour Survivors, où
nos héros, pour la plupart consentants, s’offrent
un stage de survie au nord de l’Écosse. La vie
communautaire y prend un autre visage, au ras des pulsions,
sans changer, finalement, grand chose à ces relations
de dépendance et d’infantilisation. Un happy
end malicieux en guise de conclusion... C’est sucré
et crapuleux comme un chamallow grillé, ça a
un délicieux goût de récréation,
mais maintenant, il serait peut-être temps de passer
à autre chose !
par Catherine Le Ferrand
Thomas Bouvatier, Régression,
Flammarion, 2004, 233 pages, 17 €
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