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Lobster a la couleur et l'odeur de la mort. Réchappé
par miracle des cuisines du Titanic (un choc violent, qui
a renversé la marmite avant la fin
de la cuisson !), il garde en stigmate cette incroyable couleur
rouge des sacrifiés. Il a vu, depuis son aquarium,
son respectable père disparaître sous la fourchette
de Mademoiselle Anjelina Carter, dans d'insupportables et
funèbres relents de laurier. Entre deux voies d'eau,
Anjelina connaîtra l'orgasme sous l'étreinte
du jeune homard dans une scène d'une sensualité
insoutenable ! On connaît la suite, la panique, les
canots de sauvetage
Les deux amants seront cruellement
séparés par la jalousie suintante et satisfaite
d'une rombière acariâtre. Leur vie ne sera plus
jamais la même. Lancés à travers le monde,
avec pour seuls repères de trompeuses odeurs de court-bouillon,
Lobster et Anjelina connaîtront-ils
à nouveau l'ivresse de la chair ?
Premier roman de Guillaume Lecasble, Lobster est un bijou
d'humour décalé, de non-sens et de poésie.
Une plume débridée, un récit tourbillonnant,
clin d'il désopilant aux chimères de l'amour,
folies, rendez-vous manqués, une histoire de passion
pas comme les autres, qui prend parfois des allures de pied-de-nez
N'en déplaise à Leonardo !
par David Desvérité
Guillaume Lecasble, Lobster, Seuil, 2003, 108 pages, 10 €
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