| Représentant emblématique
de la nouvelle littérature américaine, Jay McInerney
a rédigé ce recueil de nouvelles avant les attentats
du 11 septembre. Et, en lisant cet ouvrage, on ne peut que
sourire des petits problèmes de ces golden boys fatigués,
de ces avocats démoralisés, de ces hommes d’affaires
surbookés. Mais, et c’est là la grande
force de McInerney, c’est en les humanisant à
l’extrême qu’il parvient à rendre
ses personnages aussi pathétiques qu’attachants.
Leur sort n’est pas si terrible que ça. Leurs
problèmes relèvent bien souvent de l’affect
et sont presque anecdotiques.
C’est à cause de ces petits emmerdements quotidiens
que l’existence toute entière prend des allures
de cauchemar. Passés dans le rouleau compresseur de
Wall Street ou abattus par le mauvais épilogue d’une
soirée de défonce, ces personnages n’ont
plus d’illusion sur leur existence. Quand arrêter
de fumer s’apparente à un chemin de croix, c’est
qu’il y a une faille quelque part. Scènes douces
amères d’un pays qui n’en avait plus pour
longtemps. Et dix nouvelles parfaitement maîtrisées
et au style impeccable, qui nous feraient presque regretter
la fin de cette Amérique désabusée.
par David Desvérité
Jay McInerney,
La fin de tout (How it ended, traduit de l’anglais (américain)
par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet), Editions de l’Olivier,
2003, 216 pages, 20 €
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