| Il s'appelle Tristan Poque. Il est écrivain.
La preuve, il a publié La pulpe, un premier roman.
Bon, c'est vrai, La pulpe n'a jamais fait partie des meilleures
ventes, ce serait même plutôt le contraire. Tristan
est donc un peu fauché. Alors, quand un type de la
Fondation l'appelle pour savoir si une bourse destinée
aux jeunes écrivains l'intéresse, Tristan saute
sur l'occasion.
Bien sûr, il faut remplir quelques conditions…
Notamment apporter seize exemplaires de La pulpe, que le bougre
n'a pas…
Alors ? Quelle est la solution miracle ? Tout simplement
aller voler ses livres dans les librairies qui vendent des
romans d'occasion. Pour y retrouver certains exemplaires qu'il
a soigneusement dédicacés à l'attention
de critiques littéraires avisés ! Jusqu'au moment
où il se fait choper par les vigiles du magasin, qui
ont du mal à croire qu'un écrivain puisse avoir
l'idée de piquer ses propres livres. Cette scène
est certainement la plus drôle de ce court roman, réussi
sur toute la ligne.
Julien Bouissoux manie l'humour et l'auto-dérision
à chaque page.
On compatit aux petits malheurs de Tristan qui n'est décidément
pas verni ! Ce roman constitue une salvatrice bouffée
d'oxygène. Aucun temps mort ni fausse note. Le style
est celui d'un écrivain talentueux qui recycle sa poisse
en inspiration. Alors, si on ajoute à cette mouise
liée au métier d'écrivain quelques escapades
sentimentales qui forcément tournent mal et quelques
boulots alimentaires épuisants mais ô combien
nécessaires, on arrive à cette Chute du sac
en plastique. Un roman drôle et plaisant, à qui
on souhaite une autre destinée que La pulpe. Julien
Bouissoux le mérite largement !
par David Desvérité
Julien Bouissoux, La chute du sac
en plastique, Ed. du Rouergue,
coll. La Brune, 2003, 206 pages, 13 € |