| Imbéciles heureux réunit
de petites histoires qui dépeignent avec cynisme et
ironie les travers de la société japonaise.
Jugez plutôt : un futur élu
est prêt à tout pour cacher que son fils est
un dangereux criminel ; une adolescente apprend comment assouvir
ses obsessions sexuelles tout en gagnant de l’argent
; une entreprise de presse accule un homme au suicide en l’accusant
d’avoir organisé l’assassinat de sa femme...
Le ton est mordant, les visages sont grimaçants. Eishô
Shaku frappe fort à défaut de frapper toujours
juste. Le déroulement de ses histoires tombe par moment
dans le démonstratif gratuit, ce qui certes leur confère
un surplus d’horreur ou d’humour noir mais ce
qui leur ôte aussi une part de la finesse nécessaire
à toute critique sociale digne de ce nom. L’amateur
de bd trash sera ravi, le lecteur sociologue attendra peut-être
le deuxième tome de Imbéciles heureux
avant de statuer sur la valeur de l’analyse sociétale
de Eishô Shaku. Le public japonais a en tout cas mordu
à l’hameçon puisque la série a
connu un très grand succès dans son pays d’origine
et a été adaptée sous forme de série
télévisée et portée au grand écran.
par Jean-François Nicolaï
Eishô Shaku, Imbéciles
heureux, Tome 1, Delcourt/Akata, 226 pages, noir et blanc,
7,50 €
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