| Il n’est pas franchement question
de Dalida dans cette histoire. Et Corinne Rousset n’y
va pas avec le dos de la cuillère pour raconter les
dessous
du quotidien de Julie, une attachée de presse qui bosse
pour une major baptisée Trashmusic. Partagée
du début à la fin entre son boulot et sa vie
de femme, Julie ne recule devant rien pour faire percer les
pseudos artistes de son label. Opérations promo à
l’autre bout du monde, journées marathon télés/radios/presse
en compagnie d’un chanteur caractériel, soirées
VIP
où il est nécessaire de répondre présent,
d’être vu et de faire bonne figure. Voilà
pour l’emploi du temps brièvement résumé
de Julie, qui en plus se
fait gueuler dessus par un peu tout le monde, de son boss
à un gangsta rapper américain, ou des célébrités
sans talent à la chanteuse Nina (mais
si mais si, on reconnaît Zazie...). Sa vie de femme
se partage entre Antoine, son compagnon et père de
son fils, et Vincent, jeune loup bossant dans la finance avec
qui elle a l’impression de revivre ses plus belles années
d’adolescente.
Mais tout ça l’épuise, la flanque sur
les rotules, la compresse et l’aplatit. Quelques lignes
de poudre pour tenir et rester éveillée. Sauf
qu’au bout
d’un moment, trop c’est vraiment trop. Et Corinne
Rousset ne mâche pas ses mots pour décrire les
pratiques des grandes boîtes de disque. Egocentriques
démesurés, calculateurs avides, vedettes préfabriquées,
profiteurs mondains, financiers mythomanes, les personnages
qui se succèdent dans ce récit sont tout sauf
concernés par la musique. Corinne Rousset a bossé
pendant 7 ans chez Universal. On peut en conclure qu’elle
sait de quoi elle parle. Comme dirait l’autre, mieux
vaut en rire. Parce qu’il y a vraiment de quoi en pleurer
!
par David Desvérité
Corinne Rousset, Ils ont changé ma
chanson, Stock, 2004, 372 pages, 20 €
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