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Véritable phénomène en Nouvelle-Zélande,
Fat Freddys Drop débarque sur nos platines avec son
reggae du bout du monde. Un premier album reggae-dub jamaïcain
teinté de jazz New Orleans, de soul californienne et
d’influences du Pacifique sud. De quoi peaufiner notre
bronzage.
Décidement, la Nouvelle-Zélande est à
l’affiche cette semaine. Dans le coin gauche, le mastodonte
King Kong du grassouillet Peter Jackson ; dans le coin droit,
les sept musiciens formant Fat Freddys Drop. La violence du
premier vient s’opposer à la suavité du
second. En malaxant les genres et en prenant la douceur comme
fil conducteur, les sept potes de Wellington nous offrent
dix titres qui, comme le ressac, viennent nous chatouiller
le bout des orteils.
Fitchie, un des meilleurs producteurs de Nouvelle-Zélande,
est un des fondateurs du groupe. Armé de son sampler,
il a mitonné les boucles et les basslines qui sont
à l’origine des perles qui constituent cet album
inclassable. Tout commence sur un riddim reggae pulsé
par une section cuivre digne d’un film noir des années
soixante (Ernie, Cay’s cray), s’enchevêtre
avec le funky Ray ray et se termine par une soyeuse mélodie
soul qui semble émerger des archives de la Motown (Del
fuego, Hope).
Enregistré et produit dans leur propre studio (La Plage,
situé face à l’océan), Based on
a true story a tout de l’album hybride capable à
la fois de plaire à votre belle-mère comme au
plus féru des amateurs de musique. Un bel objet du
bout du monde qui a déjà tapé dans l’oreille
de Gilles Peterson, écrit par une famille de musiciens
dont la devise est "un groupe qui mange ensemble reste
ensemble". Vous avez dit étonnant ?
par David Maigrot
Based on a true story - Fat Freddys
Drop (Kartel/Discograph) |