
Une éducation anglaise
Christian Lehmann
Les jetées de Brighton, les filles, la lecture,
la SF... et le Mal qui surgit où on l'attend le moins.
L'initiation d'un jeune Frenchie, sur le mode roman autobiographique,
par un de nos plus chaleureux touche-à-tout.
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Si loin, si proche, si exotiquement terne, l'Angleterre a
toujours eu un rôle initiatique pour les jeunes froggies.
Là-bas, à quelques miles seulement,
de l'autre côté de la Manche, il y a ces gens
bizarres, cette étrange tribu aux drôles de traditions
: les pubs, la bière, la reine, la pluie omniprésente,
la conduite côté gauche, le cricket, la jelly...
Mais surtout, au prétexte commode d'apprentissage des
langues, on échappe aux parents, à l'emprise
familiale : une occasion en or pour prendre un peu le large,
pour se faire déniaiser.
A nous les petites Anglaises... Un slogan alléchant
et combien de fantasmes pour des générations
d'ados en éruption ! Certains vont en pension, tel
Louis-Ferdinand (Céline), d'autres, comme le jeune
Christian, grand dévoreur de livres - Spirou, Hugo,
Camus, La nuit du Titanic... pas de ségrégation
quand il s'agit de rêver - ont le privilège de
se faire héberger par des cousins aimables, aimants,
attentionnés... Christian découvre Brighton,
les jetées fantomatiques, l'arôme du cidre doux,
les revues interdites aux pages froissées/collées...
Une femme - une vraie de vraie, épanouie, pas une fille
! - lui fait même cadeau de son premier baiser... Mais
l'orgie véritable concerne encore les livres et, chez
les bouquinistes, dans leurs casiers magiques, Christian exhume
des pépites qui vont l'éblouir à jamais
: Bradbury, Tolkien, Van Vogt, Rice Burrough et compagnie.
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