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On observe depuis plusieurs mois une inexplicable série
de suicides dans ce grand complexe urbain de Tokyo. La police
est sur les nerfs. Surtout lorsque le responsable de l'affaire,
le commissaire Yamagawa, se donne
à son tour la mort en se jetant du haut d'un des immeubles.
L'inspecteur Takayama est le premier à évoquer
la piste paranormale. Il est vrai que parmi ces dizaines d'étages
de béton, on peut croiser de curieux personnages.
Depuis Hiroshima, à l'image de la terreur Godzilla,
les auteurs japonais reviennent régulièrement
sur le sujet. La recherche du corps de l'apocalypse. Pour
Otomo, elle est enfouie sous l'innocence. Chez l'enfant, le
vieillard, l'attardé ou chez la mère endeuillée.
Celui qui demande le plus de protection, le plus d'attention,
est aussi la source de la destruction la plus meurtrière.
Une puissance aussi dévastatrice qu'elle est insoupçonnable.
C'est sa forme qui est renouvelée, dans Dômu.
Le sang,
le feu, ne sont que les conséquences d'une arme sans
nom. Fruit de la psyché, entre télékinésie
et pouvoirs chamaniques démultipliés, elle est
effrayante car sans images. Tout n'est que suggestions. Un
regard isolé. Une mâchoire crispée. Et
tout n'est que bilans. Un immeuble ravagé. Un homme
qui se tranche la gorge sans marquer le moindre rictus de
douleur. Katsuhiro Otomo mêle adroitement les névroses
modernes à la culture ancestrale de la magie orientale.
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