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Troisième album de Bonobo, Days to come est un condensé
de mélancolie et de groove, une invitation à
la larme joyeuse.
A l’origine de Bonobo, un nom : Simon Green, grand
bidouilleur de sons, amateur de collage de musiques paisibles
et d’atmosphère enveloppantes. Green n’est
pas qu’un simple producteur mains et poings liés
aux machines, il est aussi multi-instrumentiste et c’est
peut-être ce qui donne cette chaleur aux morceaux. Du
groove, de la sensualité, The fever vous prend les
hanches et les fait tourner langoureusement autour d’un
axe vertical dont un bout est planté au cœur des
70’s et l’autre pénètre la nébuleuse
électro. Sons de cloches et voix de sirènes
sur Ketto pourrait suggérer un prochain travail avec
les petites sœurs de Cocorosie, sœurs d’expériences
et d’intelligence.
Pour l’heure, Green s’est entouré de la
chanteuse sud-américaine Bajka (entendue sur les labels
Compost et Ubiquity) qui donne une orientation très
soul et parfait une harmonisation chaleureuse de l’album.
Days to come ou Nightlite sonnent comme des petites rivières
fluides dans un jardin zen où la féminité
de Bajka se dénude derrière une envolée
de lotus sonores. Rien ne viendra troubler cette quiétude.
Que se soient les épanchements jazz d’une clarinette
douce et étouffée sur Transmission ou le lancement
de On your marks par une batterie volontariste mais rapidement
modérée par un piano de velours. Fink dont le
dernier album (Biscuits for breakfast) avait suscité
un grand intérêt, apporte ses nappes maritimes
vocales, blues en haute mer, regard planté dans l’horizon,
les oreilles brassées par le roulis, l’abandon
est suggéré à ce providentiel Days to
come.
Cédric Vigneault
Bonobo - Days to come (Ninja tune,
2006) |