
Un amant de fortune
de Nadine Gordimer
Abandonnant pour la première fois le thème
de l'apartheid, Nadine Gordimer prouve, avec ce texte puissant
sur le choc des cultures, la profondeur de son engagement
et sa croyance inébranlable en la vertu de tolérance.
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Certains esprits chagrins ont osé prétendre
qu'avec la fin de l'apartheid se tarirait la veine romanesque
de Nadine Gordimer. C'était bien mal connaître
le prix Nobel de littérature 1991, écrivain
engagé s'il en est, qui citait ces mots de Garcia Márquez
dans son discours de réception : "La meilleure
façon pour un écrivain de servir la révolution,
c'est d'écrire aussi bien qu'il peut."
Pour Nadine Gordimer, la révolution ne s'est pas arrêtée
à l'avènement
d'une ère nouvelle en Afrique du Sud. A bientôt
quatre-vingts ans, la voici
qui creuse de nouveaux sillons et aborde, à travers
le récit d'un amour voué à l'échec,
l'un des problèmes-clés du XXIe siècle,
celui de l'immigration
Casse-cou, a-t-on envie de crier à Julie, jeune femme
de la bourgeoisie blanche du Cap, en rupture de ban avec son
milieu, lorsqu'elle épouse Abdou, émigré
sans papier. Que de malentendus entre ces deux-là,
que
de choses à peine dites et encore moins entendues.
Lui, en particulier, ne parvient pas à admettre son
refus de l'aider puisqu'elle le peut, puisqu'elle connaît
"des gens intéressants". Ceux qu'elle vomit,
justement. Mais comment pourrait-il le comprendre, puisque
son unique ambition est d'un jour leur ressembler ? Lire
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