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Les étudiants font leur choix vendredi 10 septembre 2010
 
 
 
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scornbreed  
Toy Story 3
Après la semi-déception LA-HAUT qui, côté scénar' ne volait pas très haut justement (ouais c'est facile), PIXAR nous replonge dans l'univers pétillant TOY STORY ! Et que dire à part que LA-HAUT fut bel et bien une exception qui confirme la règle: Lasseter et sa bande ont une créativité increvable, ils ont LA force ! Ces mecs en chemise hawaïenne prouvent une fois de plus que la finesse, la poésie et l'humour débridé n'ont aucun secret pour eux. Forcément drôle (Buzz version espagnole qui danse le tango en guise de climax, le duel Barbie et Ken), forcément tendre (la petite soeur d'Andy, la petite fille de la crèche), forcément poétique (le flashback sur l'histoire de l'ourson, du clown et leurs comparses), forcément référenciel (tiens Totoro ! Tiens un clin d'oeil à Chihiro ! la scène de l'évasion...) etc etc...Virtuose, magnifié par une 3D au top (la même qu'AVATAR), cet ultime baroud d'honneur de Woody et ses potes est une vraie montée au Nirvana, pas seulement de l'animation, du 7è art en général. La grande classe quoi...Un seul regret: que ce soit fini, difficile de ne pas décrocher une petite larme de nostalgie lors du passage de génération à la fin, moment formidable de subtilité, de tendresse et d'intelligence. Toy Story c'est fini, mais un adieu serait trop dur...Prochain PIXAR: WINNIE L'OURSON...
L'Agence tous risques
Comme on parlait du réalisateur de INCEPTION, Joe Carnahan (MISE A PRIX), c'est l'anti-Nolan, le mec qui ne connaît pas la retenue, comme son pote Peter Berg (HANCOCK). Il fait partie des artistes qui transforment une intrigue merdique en pépite décomplexée. Ce revival de L'AGENCE TOUS RISQUES se complaît dans le fun tout en se foutant de la probabilité des évènements. Mais Carnahan n'est pas Michael Bay pour autant, il ne sabote jamais les bonnes idées pour la gloire du plan fatal. Barracuda déprime et prône la non-violence jusqu'au brutal fracassage de crâne en règle, Looping s'évade d'un asile de fou, Fûté sauve toutes les mises avec insolence (la scène finale !) et se fait Jessica Biel (...!), Hannibal vieillit mais assure avec un charisme éternel (Liam Neeson assure vraiment), bref que du bon pour un moment pop-corn frais et remuant. Les scènes d'action sont "énaaaaaaurmes", les effets spéciaux bigger than life, Carnahan est virtuose et pis le reste on s'en fout...! Et pis valà !
Inception
Après le très bon THE DARK KNIGHT, quoiqu'un peu trop long, Nolan, le réalisateur "hype" du moment décide de mettre nos neurones à l'épreuve avec INCEPTION qui semble déployer la grosse artillerie: effets spéciaux spectaculaires et inédits, grande parade des acteurs, scénario ingénieux etc etc...Avec toute la rigueur qu'on lui connaît, Nolan expose ce qu'il sait faire de mieux à travers l'adage qu'une fois de plus le fantastique vient s'inscrire dans une logique de thriller. Le problème c'est que Nolan tourne en rond. Trop sérieux, trop carré, trop maîtrisé. Il manque le grain de folie, que la machine s'emballe, avec un tel concept il y avait de quoi servir dans la démesure. Mais jamais Nolan ne pète de travers. Et il faut le dire comme il se doit: c'est chiant comme tout...Pourtant la direction d'acteurs est impeccable comme toujours (Di Caprio fait du Di Caprio, bon...), les quelques rares apparitions d'effets spéciaux sont impressionnantes (mais en sous-nombre bordel !), et l'intrigue est formidable. La prochaine fois Nolan, digère tes influences de film noir (notamment Ford et Mann) et enlève le balai qui loge dans ton colon...
L'Elite de Brooklyn
Il serait facile de démonter L'ELITE DE BROOKLYN rien que par son casting: Gere, Hawke, Snipes, Cheadle...Pas vraiment des flèches. Il serait facile de ruiner le film de Fuqua juste parce que c'est du Fuqua (TRAINING DAY, MAN OF WAR, LES LARMES DU SOLEIL), simple artisan pétant plus haut que son cul, incapable d'assumer ses longs jusqu'au bout...Et puis l'histoire qui s'aventure avec pathos dans le quotidien de flics ricains au milieu d'un des quartiers les plus violents des States n'a rien d'original et se présente comme du pain béni pour un réalisateur adepte de la fausse déprime et du flingage fashion. Pourtant le film est attachant. Attachant par la direction inattendue que Fuqua donne à son bébé. Des traces de film noir, des éclairs de violence (le final difficile avec les gamines droguées et abusées par des Blacks queutards et lubriques), mais surtout un drame à hauteur humaine, réaliste et finalement jamais larmoyant. Aucun parti pris, juste une façon documentaire de mener son récit et quelques astucieuses idées pour faire croiser les personnages de ce film chorale sans qu'ils ne se connaissent jamais...C'est peut-être peu. Peu audacieux. Pourtant à la vue du résultat et des performances très honnêtes du quatuor de tête, rien de déshonorant, bien au contraire. Une petite consolation sur le talent de ce metteur en scène qui semble faire mûrir son oeuvre et le rapprocher d'un "petit" Aronofsky, voire d'un "petit" Inaritu...
Iron Man 2
Jon Favreau, avec son premier IRON MAN introductif, faisait un bien fou au cinéma superhéroïque. Frais, fun, subversif et souvent cocasse (grâce à Bob Downey), ce premier opus éclipsait ses nombreux défauts par une bonne intention et une vraie foi envers son personnage attachant. Voici donc la suite. Une suite nécessaire. Car si l'histoire se doit de continuer, d'où la nécessité, le film est bien dispensable. La faute à un scénario inepte, évasif (Stark qui pète les plombs, pourquoi ?), poussif (Stark en armure qui déprime sur un donut géant), insultant (le géant Rourke et Scarlett purement et simplement des poupées d'argile), rien ne rend justice ni n'extrapole ce qu'avait imposé le premier épisode. Tout semble en branle et menace de se casser la gueule n'importe quand, ce qui arrive forcément. Triste constat pour un espoir. Reste les effets spéciaux et l'obligatoire combat final orchestré main de maïtre par un artisan sûr de son art (Genndy Tartakovsky et non Favreau !) à qui l'ont devait les bastons de CLONE WARS et SAMOURAI JACK notamment, et qui semblerait en lice pour réaliser IRON MAN 3. Ouf...
Freddy - Les Griffes de la nuit
Platinum Dunes, la boîte de Michael Bay, se montre désormais spécialiste des remakes horrifiques pour le meilleur (les 2 MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, VENDREDI 13) et évidemment pour le pire (AMITYVILLE, HITCHER). Revival de tout un pan culturel des eighties, la série des FREDDY qui n'a cessé de faire dégringoler sa superbe au fur et à mesure des 8 épisodes, comptent dans ses rangs les fans parmi les plus farouches qui commencèrent déjà à pester à l'annonce de ce remake et de ses modifications quant au croquemitaine...A bien ou à mal, les craintes ont raison d'exister, ces GRIFFES DE LA NUIT cuvée 2010 opèrent une refonte succinte pour les non-initiés, mais suffisamment difficile à encaisser pour les adeptes. En effet, devenu pédophile sadique (mais pas meurtrier), le monstre est devenu bien moins rigolard et bien plus malsain, ambigu, imprévisible, cruel...Tout un tas d'adjectifs devenant superlatifs qualifiant ce salaud fini , jadis adepte de la punchline fun. Et derrière lui (le génial Jackie Earle "Rorschach"Haley), nos jeunes insomniaques forcés ont bien du mal à exister malgré le réalisme salvateur de leurs réactions...Tout au plus quelques idées bienvenues (les phases de micro-sommeil notamment), une esthétique sombre et soignée, une approche bien plus dérangeante et psychologique (le refoulement, le déni des victimes, le sadisme "bienfaiteur" des parents etc...), une violence frontale et sèche au lieu du gore habituel, une certaine sobriété et un côté artisanal parfois réjouissant, ce FREDDY ne sera pourtant pas le nouveau visage de la peur pour les nouvelles générations élevées au "torture porn" (SAW, HOSTEL, MARTYRS...), la faute à une originalité qui lui fait, au final, défaut. Loin d'être culte, mais un cran au-dessus du gavage craspec de ces dernières années...
Percy Jackson le voleur de foudre
Chris Colombus ne décroche plus depuis HARRY POTTER et recycle au cinéma une nouvelle variation héroïco-fantaisiste ado avec ce PERCY JACKSON un poil plus bad boy et fun que notre binoclard préféré, et l'occasion de réviser la mythologie grecque pour les plus cancres d'entre nous. Evidemment dans ce déluge d'effets spéciaux numériques (plutôt réussis d'ailleurs) et de culture msn, pas grand chose de véritablement exaltant si ce n'est quelques scènes d'action bien torchées (le combat final, l'Hydre) et une belle poursuite tout ce qu'il y a d'anthologique avec un impressionnant minotaure...On n'en demandait pas tant finalement. Rajoutez à ça de jeunes acteurs convaincants (mention à Logan Lerman) et des seconds rôles pestigieux savoureux (mention à Uma Thurman). Sinon le reste est bien inoffensif et même un brin moralisateur, bien évidemment. Un gros divertissement pop-corn et agréablement sucré, bien calibré et plutôt loin d'être ennuyeux...
Daybreakers
Les Spierig Bros, réalisateurs du rigolo mais mal rythmé UNDEAD, sont typiquement le genre d'artistes qui ont de l'ambition, un vrai savoir-faire, un gros sens du système D (ils assurent toujours les FX), mais n'ont jamais pu bénéficier du budget adéquat pour leurs visions du genre. Un poil plus friqué, ce DAYBREAKERS, qui bouffent à tous les rateliers est tout de même taillé pour les mettre sur le devant de la scène: histoire ambitieuse et tragique, scènes d'action brutales, une vraie identité visuelle très forte et une distribution au diapason: Ethan Hawke (parfait), Willem Dafoe (formidable comme toujours) et Sam Neil (inquiétant et impérial). Le résultat final de cette bande démontre une cohésion rare au sein de toute une équipe soudée pour mener à bien un projet qui, encore une fois, à la vue du budget, n'aurait peut-être jamais vu le jour chez nous dans les salles obscures. Mais bien plus qu'un DTV, DAYBREAKERS a vrai pouvoir de fascination au détour de scènes fulgurantes qui restent imprimées durablement dans l'inconcient. Leur prochain long sera le bon.
Shutter Island
Scorsese est une légende. Même s'il rate son film (GANGS OF NEW YORK au hasard), il s'élève toujours bien au-dessus de la moyenne, et lorsqu'il "remake" il fait mieux que l'original (LES INFILTRES qui envoie INFERNALS AFFAIRS du hype Johnnie To dans les cordes). Dans ce SHUTTER ISLAND,tiré du roman éponyme que je ne lirai pas, et ce malgré quelques passages très forts, Scorsese vient de magistralement se foirer...Dialogues à rallonge souvent inintéressants (on se croirait presque chez le Tarantino d'INGLORIOUS BASTERDS), rythme bancal, passages foutrement ridicules (la tempête, la majorité des scènes avec Ben Kingsley et Max Von Sydow...) et un final qui ferait rire un Shyamalan sur le déclin. Pourtant cette histoire de faux-semblants, de jeu de piste machiavélique avait un potentiel énorme et avec un metteur en scène virtuose comme Scorsese, le chef-d'oeuvre était là. Reste les lynchiennes scènes de rêves de Daniels/DiCaprio (qui assure), et les tétanisants flashbacks dignes du maestro. Mais rien n'y fait . SHUTTER ISLAND est une purge sévère...
Lovely Bones
LA NOSTALGIE DES ANGES est un bouquin subtile et magnifique sur une enfant massacrée par un pédophile obsessionnel qui, des limbes, essaie d'avertir ses proches des agissements de son bourreau tout en étant témoin de la déchéance de ses parents...Pas gai. Ayant pour souvenir le superbe HEAVENLY CREATURES (avec Kate Winslet) autre noirceur onirique au féminin de Jackson, les réjouissances de ce LOVELY BONES se faisaient attendre fébrilement. Fidèle au récit original, le film se veut tout aussi subtile. Pourtant tout n'est pas réussi. Avec cette sylisation en montage parallèle lourde en symboliques tout le long des longues 2H10, la subtilité cède le pas à la pachidermie à la moitié du long...Sans oublier d'évidentes fautes de goût esthétiques lorsque Jackson ouvre les portes de sa représentation des limbes. Pourtant les scènes de "rêveries" avec son psychopathe sont des modèles de suspense tendu et malsain, à la limite du supportable. En rendant souvent hommage à Hitchcock, le réalisateur tente aussi de rattraper le coup. Parfois ça marche parfaitement, d'autres fois, pas du tout. On va donc dire que ce LOVELY BONES est le premier véritable semi-échec du Néo-Zélandais barbu, en attendant sa coopération sur TINTIN avec Spielberg (en performance-capture, ça commence à saoûler ça aussi), mais surtout son TEMERAIRE et ses guerres napoléoniennes vécues par un héros à dos de dragon !!!
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